Christ caché

23 novembre 2008

Tintern

Louange
Roi très puissant, roi glorieux,
Roi victorieux et magnifique,
Jésus qui prodigues la grâce !
Honneur de l’assemblée céleste.

Source de miséricorde,
Lumière de la vraie patrie,
Chasse les ombres de tristesse,
Nous donnant l’éclat de ta gloire.

Célébré par le chœur céleste
Répétant sans fin ses louanges,
Jésus réjouit l’univers
Et nous met en paix avec Dieu.

Jésus commande dans la paix
Qui dépasse tout sentiment.

Accompagnons-Le de louanges,
d’hymnes et de prières,
Pour qu’il nous donne de nous réjouir,
Avec lui du séjour céleste.

Confession du Péché
Mes pleurs arroseront sa tombe,
Mes sanglots rempliront l’espace.
À ses pieds je me jetterai
Les tenant bien fort embrassés.

Jésus, roi sublime, admirable,
Triomphateur plein de noblesse,

Demeure avec nous, Seigneur,
Nous illuminant à ta flamme.
Chasse la brume de nos âmes,
Remplis le monde de douceur.

Quand tu visites notre cœur,
Alors la vérité l’éclaire.
Vide et pauvre apparaît le monde,
Tandis qu’en nous brûle l’amour.

(Bernard de Clairvaux
http://www.biblisem.net/meditat/bernjubi.htm)

Grâce
Le SEIGNEUR est mon berger, je ne manque de rien.
Sur de frais herbages, il me fait reposer;
près des eaux paisibles, il me mène,
il me ranime.
Il me conduit par les bons sentiers,
pour l’honneur de son nom. (Psaume 23, 1-3)

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est aisé, et mon fardeau léger. (Matthieu 11, 28-30)

Loi
J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli; nu, et vous m’avez vêtu; malade, et vous m’avez visité; en prison, et vous êtes venus à moi. (Matthieu 25, 35-36)

*

Sénanque

Ézéchiel 34, 11-24

11 Ainsi parle le Seigneur DIEU: Je viens chercher moi-même mon troupeau pour en prendre soin.
12 De même qu’un berger prend soin de ses bêtes le jour où il se trouve au milieu d’un troupeau dispersé, ainsi je prendrai soin de mon troupeau; je l’arracherai de tous les endroits où il a été dispersé un jour de brouillard et d’obscurité.
13 Je le ferai sortir d’entre les peuples, je le rassemblerai des différents pays et je l’amènerai sur sa terre; je le ferai paître sur les montagnes d’Israël, dans le creux des vallées et dans tous les lieux habitables du pays.
14 Je le ferai paître dans un bon pâturage, son herbage sera sur les montagnes du haut pays d’Israël. C’est là qu’il pourra se coucher dans un bon herbage et paître un gras pâturage, sur les montagnes d’Israël.
15 Moi-même je ferai paître mon troupeau, moi-même le ferai coucher — oracle du Seigneur DIEU.
16 La bête perdue, je la chercherai; celle qui se sera écartée, je la ferai revenir; celle qui aura une patte cassée, je lui ferai un bandage; la malade, je la fortifierai. Mais la bête grasse, la bête forte, je veillerai sur elle ; je ferai paître mon troupeau selon le droit.
17 “Quant à vous, mon troupeau, ainsi parle le Seigneur DIEU: Je vais juger entre brebis et brebis, entre les béliers et les boucs.

Matthieu 25, 31-46

31 “Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, accompagné de tous les anges, alors il siégera sur son trône de gloire.
32 Devant lui seront rassemblées toutes les nations, et il séparera les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres.
33 Il placera les brebis à sa droite et les chèvres à sa gauche.
34 Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite: Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde.
35 Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli;
36 nu, et vous m’avez vêtu; malade, et vous m’avez visité; en prison, et vous êtes venus à moi.
37 Alors les justes lui répondront: Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te donner à boire?
38 Quand nous est-il arrivé de te voir étranger et de te recueillir, nu et de te vêtir?
39 Quand nous est-il arrivé de te voir malade ou en prison, et de venir à toi?
40 Et le roi leur répondra: En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait!
41 Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche: Allez-vous-en loin de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges.
42 Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger; j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire;
43 j’étais un étranger et vous ne m’avez pas recueilli; nu, et vous ne m’avez pas vêtu; malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.
44 Alors eux aussi répondront: Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou en prison, sans venir t’assister?
45 Alors il leur répondra: En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.
46 Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle.”

*

Ezéchiel et Mathieu. Le jour du Seigneur ! Un jour de joie, comme on voudrait l’espérer ? Ou, selon la mise en garde prophétique, un jour de ténèbres ?… Deux perspectives divergentes : le salut, qui est arrachement de l’exil — on a entendu Ézéchiel — ; et la condamnation qui apparaît donc en contrepartie comme relevant de l’engourdissement, dans le brouillard et l’obscurité de l’exil. Suite à la déportation de Jérusalem pour Babylone d’un côté, ou après l’arrachement depuis Babylone pour Jérusalem de l’autre.

Derrière la parabole fameuse de Matthieu, il y a donc Ézéchiel, parlant du retour d’exil et de la façon dont les choses se passent tandis que Dieu ramène ses brebis d’exil.

Les deux réalités, le départ pour l’exil (exil pour Babylone, mais surtout exil spirituel, loin de Dieu), puis le retour — c’est-à-dire le repentir —, donnent les deux faces d’un jugement, d’une séparation : ce que souligne Matthieu qui retient d’Ézéchiel cette dimension spirituelle — et qui étend le propos aux nations. L’exil a dévoilé qu’il y a des enfants d’Israël dispersés et cachés dans toutes les nations. Là où Ézéchiel parlait de l’Israël historique, Matthieu parle des nations pour dire la venue du règne de Jésus sur l’univers, sur toutes les nations.

*

L’appel, concernant alors toutes les nations, vaut donc pour tous les temps. Où l’on retrouve le « veillez et priez », concernant alors non seulement le temps (« vous ne savez ni le jour ni l’heure »), mais concernant aussi le « comment ? » : sous quelle forme ? — : sous quelle figure le Fils de l’Homme se présente-t-il avant de se dévoiler ?

Nous ne savions pas que c’était sous cette figure-là, diront les justes ! Et c’est pourtant ainsi… « Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde ». Dans l’immédiat, ce Christ caché, le Fils de l’Homme, peut l’être dans les premiers disciples persécutés, les témoins du Christ, porteurs du Christ dispersés cachés et persécutés parmi les nations. Mais l’ignorance d’avoir accueilli Jésus (qui s’adresse ici à des croyants) nous contraint à entendre cela de façon plus large. Il est vraiment caché. Frappante, cette ignorance ! Pour donner un parallèle, on a souvent remarqué que ceux que l’Israël moderne a appelés, comme Jésus en Matthieu, « les justes des nations » — ceux qui ont sauvé ceux des juifs menacés par les nazis, sont unanimes à ne s’être pas rendus compte d’avoir fait quelque chose d’extraordinaire.

Voilà qui nous parle de quelque chose d’universel. Dès lors, si cela a valeur universelle, si ce service du Christ caché peut-être rendu par quiconque, comme l’induit le texte, même non-croyant, quelle est alors notre spécificité comme chrétiens me direz-vous ? Eh bien simplement cette spécificité remarquable ! — : nous sommes avertis, nous savons où peut se cacher le Fils de l’Homme. Si ce n’est pas une spécificité et un privilège, qu’est-ce donc ?

Avec cette grâce remarquable : si nous avons raté maintes fois le Christ, à présent nous savons, il est toujours temps d’effacer les ardoises pour l’accueillir tout à nouveau, où qu’il se présente pour nous arracher à ce temps qui se corrompt afin de nous élever dans l’éternité, dès aujourd’hui, prêts à la rencontre définitive de celui qui n’est pas venu juger, mais sauver le monde.

*

Mais allons un peu plus loin. Parce que jusque là, tout cela reste à la fois théorique et au fond culpabilisant. Théorique parce que l’on ne perçoit pas forcément jusqu’où mène cet accueil de quiconque en qui se cache le Christ. Culpabilisant parce qu’on perçoit vite, pour ne pas dire immédiatement, qu’on n’en a évidemment pas fait assez !

On comprend vite que ce n’est pas juste de quelques euros, ni de nourriture, vêtements, abri, ou visite qu’il est question. Et la progression dans le propos de Jésus le laisse bien apparaître : « j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi. »

On passe d’un besoin élémentaire : un sandwich, à des zones autrement inquiétantes — visite à l’hôpital ou en prison, dont le moment de la séparation laissera un goût inévitable de reviens-y ! Bref, on ne pourra pas en rester là, on n’en ressortira pas indemne.

À ce point, perce cette réflexion : « même si certes, je dois en prendre ma part, je ne peux toutefois pas porter toute la misère du monde ». Et alors la parole de Jésus semble devenir tout sauf Évangile libérateur.

Mes euros, mon sandwich et mes heures de visites n’ont rien résolu au fond — et quand on sait que le signe énorme qui est dans le « c’est à moi que vous l’avez fait » est l’établissement en dignité infinie, l’établissement du prochain au statut de fils de Dieu — fils ou fille de Dieu (la tradition juive a une histoire parallèle concernant les femmes, à accueillir toutes comme la mère possible du Messie)… Quand on sait que c’est de cette dignité-là qu’il est question, non seulement, mon sandwich et mes heures de visite n’ont évidemment rien résolu (ce qui ne les rend pas facultatifs) mais ils ont, plutôt, creusé une vaste question !

Où il apparaît que la libération de l’Évangile, pour autrui et pour moi, n’est pas dans mes soins et ma sollicitude, sous peine de faire de ce texte un fardeau : « c’est à moi que vous ne l’avez pas fait » ! Ces paroles portent aussi (avec ce qu’elles exigent) la marque de l’impossibilité de leur réel accomplissement : la marque la Loi. C’est ici que doit d’abord nous conduire ce texte, sous peine d’être ou un passage vers une fausse bonne conscience de qui penserait avoir assez fait, celle d’un orgueil inconscient ; ou au contraire un fardeau : « Malheur à moi car je suis perdu : j’ai vu les exigences de Dieu, et je n’y ai pas satisfait. »

Si on en est là, le texte a déjà accompli un de ses offices. Nous conduire à la grâce : alors l’ange prit une braise sur l’autel, « il m’en toucha la bouche et dit : “dès lors que ceci a touché tes lèvres, ta faute est écartée, ton péché est effacé.” » (Es 6)

Mais quand on en est là, on n’a pas résolu la question sociale sur laquelle débouche aussi ce texte. Car avec son exigence de dignité, d’élévation au statut d’enfant de Dieu de quiconque en qui se cache le Christ, notre texte a creusé un abîme, et posé l’espérance d’un autre monde ! Ce texte a posé, avec le fondement de l’amour du prochain, des exigences qui fonderont une Cité nouvelle et bouleverseront les espaces où sera accueilli l’Évangile, et déjà, en signe pour les premiers disciples, les espaces de l’Empire romain ; aux racines de notre bien imparfaite société.

Parce que l’exigence de dignité rend évidemment insuffisants nos dons et nos visites, ici vont naître — tenez-vous bien — ce qui deviendra nos hôpitaux, notre sécurité sociale, mais aussi nos écoles laïques, gratuites et obligatoires et — c’est aussi pour cela que je vous ai dit tenez-vous bien —, notre police et nos armées ; choses qui certes existaient aussi dans l’Empire romain, ce qui demande donc une explication. J’utiliserai pour la donner, l’illustration d’un des grands prédicateurs médiévaux de l’amour du prochain… et aussi des Croisades, Bernard de Clairvaux.

Avant cela, un mot des Croisades : elles commencent par des hospices !, des lieux d’accueil et de soin, qui concernent outre les misérables des villes d’alors, aussi les voyageurs et pèlerins, en route entre autres, jusque vers la Terre sainte. Des disciples du Christ les ont pris en charge, et se constituent en ordres hospitaliers (aujourd’hui on dirait associations d’accueil) — avec pour mot d’ordre : « ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits… ».

Puis vient le jour où un changement de régime politique au Moyen Orient, et le délitement de l’État, leur fait perdre la protection policière locale et les conduit à prendre leurs responsabilités. Que font donc nos associations hospitalières ? Eh bien, elles se chargent tout naturellement de la protection des blessés, affamés, malades réfugiés dans leurs hospices, qui sans cela pourraient être la proie des ‘loubards’ d’alors. Bref, se constituent, en termes modernes, des milices privées, contraintes tout de même à une discipline et à un ordre qui empêchent certains qui en seraient tentés de devenir loubards à leur tour. On appellera cette discipline-là des ‘règles’, des ‘règles militaires’ : la plus connue est celle des hospitaliers du Temple de Jérusalem : l’ordre des Templiers… règle attribuée à Bernard de Clairvaux

Déjà les choses, en regard des exigences de l’amour du prochain, sont allées très loin, entraînant aussi, c’est humain, leurs déviations, jusqu’à la création d’États croisés, face à la déliquescence des protections étatiques officielles… À quoi, c’est là la déviation la plus marquante, s’est bien sûr ajoutée l’idéologie, la possession de territoires-symboles, etc.

Et lorsque l’État symbole qu’est le royaume latin de Jérusalem sera menacé, le pape Eugène III demandera à Bernard de Clairvaux — dont il est le disciple — de prêcher la deuxième croisade. Bernard prêche la croisade le 31 mars 1146, le jour de Pâques, au milieu d’une foule de chevaliers réunis au pied de la colline de Vézelay. Il évoque les villes profanées et le tombeau du Christ menacé. Il invite les chevaliers qui veulent se croiser à l’humilité, à l’obéissance et au sacrifice. Il prêche aussi à Spire, en Allemagne, où il doit même combattre les déviations, comme les excès d’un prédicateur populaire, Raoul, un ancien cistercien, qui par ses discours, provoque une flambée de violences contre les juifs. Bernard affirmera que l’antisémitisme ne saurait être toléré par un chrétien : « ne sommes nous pas spirituellement des sémites ? » écrit-il. Suite à ses prédications, le roi de France et l’empereur Conrad III se sont croisés — pour un échec. Cet échec de la deuxième croisade sera d’ailleurs reproché à Bernard, de Rome à la cour de France. Bernard, blessé par ces reproches, accepte d’être mis lui-même à la tête d’une autre croisade, qui cependant ne partira jamais.

Tout ça pour dire que cela pourrait ressembler… à notre situation… Car de ces époques d’organisation de la mise en œuvre de l’amour du prochain sont nées des institutions, j’y ai fait allusion, comme l’école pour tous et la sécurité sociale, qui aujourd’hui semblent commencer parfois à ne plus fournir, bien que désormais inscrites dans la Déclaration des Droits de l’homme… au nom de laquelle on lance aujourd’hui des expéditions lointaines, éventuellement militaires, comme antan au nom de l’amour du Christ et du prochain. Aujourd’hui aussi, la déliquescence de l’État peut comme antan, conduire très loin les prises de responsabilité des organismes caritatifs. Où on a parlé d’ « ingérence humanitaire ».

On n’en est pas là ? Peut-être. Mais déjà aujourd’hui les choses sont allées trop loin ! Et puisqu’on est dans la semaine de la solidarité, il est opportun d’en parler. « Trop loin », c’est déjà les Restaurants du Cœur ! « Trop loin » c’est aussi Chrétiens Antibes Solidarité (CAS) ! Associations issues de l’émergence des « nouveaux pauvres ». Face auxquels les structures d’État ne fournissaient déjà plus ! Inimaginable il y a quelques décennies, on l’oublie trop. Est-il, dès lors, si inenvisageable le temps de l’embauche de sociétés de gardiennage au service des Associations caritatives pour appuyer une police commençant aussi à ne plus fournir ? Est-il exclu le jour où il faudrait faire signer aux membres de ces sociétés privées nos chartes, comme celle du CAS ? Comme antan aux milices privées des ordres de Templiers pour éviter les écarts ? De quoi ces événements que nous vivons sont-ils le signe ?

Nous commémorons les 20 ans de CAS ! Signe, tout comme les Restaurants du Cœur et autres, de plus en plus sollicités, signe d’un manque de la société ! C’est-à-dire : mauvais signe ! Au jour où l’on fête la solidarité, selon l’intitulé à Antibes de cette semaine de la Solidarité, le titre lui-même — ‘fête’ — pose question. Qu’est ce que la dignité cachée en Christ sous le visage de chacun, et des plus pauvres, au jour où la défaillance de nos sociétés à promouvoir les conditions de cette dignité est voilée dans la célébration d’un anniversaire qui ne porte en lui rien moins que le constat de cette défaillance ?

Que nous dit alors l’Évangile aujourd’hui ? Que nous dit le texte de Matthieu ? Il nous dit qu’il ne saurait être question de nous installer dans notre organisation de la solidarité face à la pauvreté ! Si, certes, « vous aurez toujours les pauvres avec vous », ce dont il s’agit, c’est quand même d’une dignité perdue, perdue déjà, sans doute, aux portes de l’Eden, premier exil, portes fermées par l’Ange à l’épée flamboyante, mais rétablie pleinement dans le Christ ressuscité… et caché — « il en est ainsi pour la résurrection des morts : semé corruptible, on ressuscite incorruptible, semé méprisable, on ressuscite dans la gloire ; semé dans la faiblesse, on ressuscite plein de force » (1 Corinthiens 15, 42-43). C’est cela qu’il s’agit de ne pas perdre de vue, pour ne pas en venir à trouver normale la catastrophe sanitaire vers laquelle on glisse insensiblement !

R.P.
Antibes, 23.11.08

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